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Liszt, un sospiro, S. 144, Jorge Bolet

 

 

Cette oeuvre fait partie des Trois études de concert, S144 . Elle explore un nouvel exercice technique qui consiste à utiliser seulement les pouces pour jouer le thème tandis que les autres doigts jouent l'accompagnement sous forme d'arpège. Cette technique fut inventée par Thalberg, un compositeur qui était en concurrence permanente avec Liszt dans les salles de concert européennes. L'interprétation de Jorge Bolet s'inscrit dans le romantisme le plus absolu, avec un toucher d'une finesse remarquable. Au regret de ne pas avoir l'image, car cette exercice redouble de beauté lorsque la main gauche enjambe la droite pour aller jouer les notes du thème. Le volume que Bolet arrive à mettre dans cette interprétation est un véritable mystère. Comment fait-il pour que l'on est l'impression qu'il joue l'arpège et le thème avec autant d'intensité, et que ces deux composantes paraissent si éloignées l'une de l'autre à l'oreille ...?

 

 

Beethoven et l'invention du jazz, Sonate n° 32 op.111, Arturo Benedetti Michelangeli


Oui, l'invention du jazz, ou plus exactement du swing! La Sonate n°32 op. 111 est la dernière sonate écrite par Beethoven, elle reprend la majeur partie des évolutions de ses oeuvres pour piano à travers deux mouvements. L'Arietta qui est le deuxième, nous plonge dans un atmosphere intimiste qui s'enrichit petit à petit sur différentes variations, et puis d'un coup, cette rythmique aux allures incontestablement  "jazzy" démarre, quelle moment! Nous avons d'ailleurs remarqué que certains pianistes ne pouvaient se retenir de le faire "swinger" un peu plus! Ici c'est Arturo Benedetti Michelangeli qui nous livre une interprétation extraordinaire de cette oeuvre, avec sa sérénité désormais légendaire!

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Wagner et Liszt, Tristan et isolde, Liebestod, Waltraud Meier et Aldo ciccolini

 

 

 


Wagner? Serait-ce une honte si je vous confessais que c'était bel et bien Liszt qui m'avait révélé toutes les profondeurs de Wagner? Ca serait sans doute à faire hurler les puristes... Je tenterais de me justifier en répliquant que Liszt a fait beaucoup pour Wagner, et qu'il est même mort dans sa ville, à Bayreuth, après lui avoir accordé Cosima, sa propre fille. Cela ne suffirait pas, je le sais.  Pourtant, ce cher Franz a dirigé nombreuses de ses oeuvres  dans l'europe toute entière, et, lorsqu'il ne les dirigait pas, il les transcrivait. C'est sans doute pour cette raison que ses paraphrases apportent tant... Et oui, moi, je ne suis qu'un modeste enfant qui ait besoin de lire la BD avant de m'attaquer au livre!

Mais, heureusement pour moi, d'autre ont eu cette opinion bien avant. Leur opinion est même un peu différente. Certains musicologues ont en effet émis l'hypothèse ou ont même parfois affirmé qu'une lourde influence Lisztienne existait dans les hamonies wagnériennes. Cela occupe d'ailleurs une grande place dans leurs correspondances. "Mon Dieu", "Mon Sauveur", "Mon Christ", ce sont en ces termes qu'il s'adressait à Liszt. Les mauvais esprits justifient ironiquement ces flateries par l'envie qu'avait Wagner de séduire Cosima . Cela me parait tout de même exagéré! Après avoir entendu Tristan et Iseult  en 1859, Richerd Pohl déclarait qu'il fallait rendre cette opéra à Liszt, car toutes les harmonies venaient de lui et d'un de ses lieds s'appelant "Ich mochte hingeh'n" écrit dix années plus tôt.   Voici ce que Wagner lui répondait en 1859, après les accusations dont il était victime  : "Il y a nombre de sujets sur lesquels nous sommes tout à fait francs entre nous ; par exemple que je traite l’harmonie de manière tout à fait différente depuis que je me suis familiarisé avec les compositions de Liszt. Mais quand l’ami Pohl le révèle au monde entier, qui plus est en tête d'une notice sur mon prélude, c'est pour moi une indiscrétion ; ou dois-je penser que c'est une indiscrétion autorisée?"

L'objet de tout ceci n'est pas de critiquer Wagner, car c'était un compositeur de génie et même sans doute d'un génie plus grand que celui de Liszt. Ceci est simplement destiné à montrer que de vénérer Wagner en détestant Liszt est un non-sens presque absolu.

Réflexions maintenant faites, je pense qu'il serait plus raisonnables de faire un hommage aux interprètes plutot que de confronter les compositeurs. j'ai entendu Aldo Ciccolini à la salle pleyel, le 10 décembre, et la paraphrase de Tristan et Iseult était au programme. Il avait une façon de faire chanter son instrument qui me rappellait l'extraordianire tableau d'Alred Brendel  " il pouvait se faire chef d'orchestre, chanteur, prima donna, choeur, récitant, tzigane, prêtre, derviche, peintre, oiseau, océan, ou encore les éléments eux-mêmes". Et, quelques semaines plus tard, lorsque la voix de Waltraud Meier s'est ajoutée à cette musique que désormais, je possèdais, c'est devenu un plaisir presque trop marquant pour mes oreilles que d'entendre cette vague qui se forme au fil des mesures. Quelle expression que celle de son visage! Lorsque sa bouche s'ouvre, que son regard vous transperce, et que ses bras se lèvent au ciel, c'est un frisson incontrable qui s'enpare de vous et se sont vos larmes qui descendent des cieux!

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